Les "zorros" sont arrivés ...

3 juillet 2015 By

 ... sans s' presser - é - é ... Hé oui, chaque année les oraux de français me permettent d'écouter, ravie ou consternée, mais presque toujours souriante, environ 60 élèves de Première qui planchent sur les "Granzôteurs" !!! 

            Comment établir la typologie des candidats à l'oral de français ? Il y en a pour tous les goûts... L'examinatrice vit ainsi des mini-séquences assez intenses, qui la font passer du rire (sous cape) aux larmes, ou presque :

           

                La séquence "gros doute" ou « m'a-t-on bien tout dit ? »  

      Un candidat, invité à me dire quelque chose sur la biographie de Musset (dont il venait de m'expliquer un texte, extrait d'On ne badine pas avec l'amour) me sort :

   « Alors je sais pas grand chose, juste qu'il est allé en Italie avec sa compagne, George Quelque-chose ... [ il s'arrête, l'air soucieux ] : enfin, on nous a dit que ce George était SA (il insiste) comPAGNE, hein ... mais moi ch' sais pas trop c'est qui, en fait ... ».

            Mmm ... vous avez raison de vous méfier, jeune homme, en fait c'était sans doute la Conchita Wurst de l'époque, CE George !

 Conchita Wurst     George Sand 

Dancing Stars am 21. März 2014 : Conchita Wurst [ãAilura]                       George Sand

  

           La séquence "oral de [bon] français"  j'ai dit :    

     Un candidat (de 1ère S, je précise) entame brillamment son explication de texte : « Alors, c'est la "scène du Pauvre" dans Dom Juan, de Molière ; il y a Don Juan, Sganarelle et le Pauvre. Tous les personnages sont principals (sic !) mais Don Juan l'est plus que les autres, parce que c'est lui l'héros (re-sic !). »

     Oulaaa : bin tous les candidats sont égals, mais côté "perles", y'en a qui le sont plus que d'autres, comme dirait Orwell ! (in : Animal Farm).  

livre Orwell    citation Orwell

 

            La séquence "émotion" :

    Après une bonne prestation de sa part sur un extrait de roman, j'entame l'entretien avec cette fille calme et souriante... Parmi les questions, je lui pose celle-ci :

   « Est-ce qu'il y a un livre, un roman, que vous avez lu récemment, par goût personnel, dont vous souhaiteriez me parler ?

   – Oui, j'ai lu plusieurs fois Oscar et la dame rose (d'Éric-Emmanuel Schmitt).

   – Plusieurs fois ? Hé bien vous devez beaucoup l'aimer ce livre ! Pouvez-vous m'expliquer en quoi il vous a plu ?

   – Je ... C'est ... ça raconte ... »

            Visiblement très émue tout à coup, la jeune fille a du mal à parler, essaie de reprendre sa respiration ; un peu interloquée je la regarde, et vois deux grosses larmes couler, pendant qu'elle me dit dans un souffle :  

  « Ma cousine ... est morte ... d'un cancer ... et ce livre ... » puis elle se met à sangloter.

            Gros moment de solitude, pour elle comme pour moi ... Que faire ? Que dire ? Surtout pendant un oral de Bac ... L'autre candidat qui prépare au fond de la salle lève le nez, interloqué, et me regarde d'un air choqué et angoissé ( " Oulaaa, méchante, l'examinatrice, on dirait ! " ).

            Très vite je dis : « Je suis ... désolée ; je ne sais pas quoi vous dire ... mais comme nous sommes en situation d'examen, si vous pouvez vous reprendre, nous allons continuer notre entretien sur un autre sujet, vous voulez bien ? (la candidate acquiesce et tente visiblement de surmonter son émotion). C'est un roman par lettres, un roman "épistolaire" ; est-ce que vous en connaissez d'autres, dans la littérature française ? »

            D'une toute petite voix, elle me cite les Lettres persanes, Les Liaisons dangereuses, j'embraye sur le XVIII° siècle et les Lumières, et nous naviguons de conserve loin du récif (récit) dangereux...

            A la fin de son oral, je lui fais un grand et large sourire : « C'est fini, mademoiselle ! Je vous remercie beaucoup...

   – Moi aussi, madame, je vous remercie ... beaucoup !!! ».     

oscar dame rose

 

 

           La séquence "coup de chaleur"  :   

     « Donc, vous avez étudié L'Étranger de Camus. Pouvez-vous me dire pour quelles raisons Meursault est amené à tirer sur un Arabe, sur la plage, et le tue ?

   – Bin, il faisait chaud [ comme ici, pensé-je... ], le soleil tapait fort [ sur les vitres de notre salle aussi... ], et Meursault, il avait mal à la tête, alors ... Voilà, quoi ! »

     Oui-oui, je vois ... Vous avez de la chance, j'ai de l'aspirine dans mon sac !!

smiley malade

  

        La séquence "oups !  j' vous avais pas vue...!"  :

    Un garçon me commente un passage de Notre-Dame de Paris, de Hugo : « Claude Frollo est vieux, donc Esméralda est pour lui un amour impossible !

   – Ah..., lui dis-je, mais je ne suis pas sûre que ce soit uniquement son âge qui constitue un obstacle... [ je m'attendais à ce qu'il me dise que Frollo est un "prêtre"... ]

   – Mais si, il est vieux tout de même : vers la fin du texte c'est écrit qu'il a 35 ans !!!

   – Ah ! d'accord... En effet, c'est "vieux"...

   – Bin oui ! » me fait le candidat, rasséréné J... puis un peu gêné à la vue d'une examinatrice... qui a tout l'air d'avoir nettement dépassé les 35 ans ! L  Ambiance...

I am not old  

 

 

 

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