lundi, 06 mai 2013 15:36

Marie-Thérèse Drouillon

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 Marie-Thérèse DROUILLON nous a quittés le 21 mars 2013, et nombreux ont été les participants à ses obsèques, le jeudi 28 mars (Jeudi Saint), en l'église St Martin-des-Champs à Paris. CdEP à son tour tient à lui rendre hommage.

          Femme engagée, Marie-Thérèse marquera la mémoire de nombreuses personnes, en particulier les enseignants chrétiens, mais pas seulement ; car son engagement dans la vie syndicale ou paroissiale a été tout aussi constant que celui qu'elle a maintenu pendant des décennies à la Paroisse Universitaire et au SIESC, puis à CdEP.

Je ne prétends certes pas présenter toutes les facettes d'une personnalité aussi riche  ; chacun de ceux qui la connaissaient pourra aisément y ajouter sa propre perception. Mais je veux d'abord évoquer brièvement la professeure d'Histoire et de Géographie, l'auteure de manuels, puis l'inspectrice qu'elle a été. Et en ce domaine elle a manifesté un souci prioritaire des jeunes et de leur éducation (pas seulement de leur instruction...), et bien entendu de la pédagogie à mettre en place pour le faire de la manière la plus adaptée et la plus fructueuse.

Dans sa responsabilité d'inspectrice en particulier, elle a toujours eu le souci d'aider les collègues en difficulté plutôt que les juger, et de mettre en valeur les bonnes pratiques qu'ils pouvaient avoir. Il n'y a pas si longtemps, son ouverture d'esprit avait frappé ma fille, toute jeune professeure d'Histoire-Géo, avec qui elle s'était trouvée de plain-pied tout de suite et sans difficulté.

Elle a produit de nombreux écrits, en particulier pour les Cahiers Universitaires Catholiques, la revue de la Paroisse Universitaire, dont elle a été rédactrice en chef, et nombreux étaient les membres de l'association qui guettaient sa signature, sûrs qu'ils étaient d'y trouver une réflexion claire et ferme pour guider leur vie et leur action. Et sa collaboration avait continué avec Lignes de crêtes, la revue de la nouvelle association qui maintient la tradition des Cahiers Universitaires, de Trajets, mais aussi de Partie Prenante, la revue des Équipes EnseignantesComment ne pas la reconnaître derrière cette phrase qui conclut son dernier compte rendu de livre paru en décembre 2012 : "[...] des femmes et des membres de groupes sociaux peu "privilégiés" n'ont pas attendu notre siècle pour agir dans l'Eglise !". (Lignes de Crêtes n° 17).

Mais elle a aussi marqué la Paroisse Universitaire par ses prises de position lucides et vigoureuses, même si elles ont pu quelquefois être surprenantes. S'il m'est permis d'évoquer un souvenir personnel, je rappellerai cette réunion nationale de la PU, où j'étais présent en tant que président encore seulement "pressenti", et où elle a déclaré à ma grande stupeur "qu'on attendait du président qu'il donne une ligne et une direction à l'association" - ce dont je me sentais bien incapable ! Quelques années plus tard, alors que la fusion entre la PU et les Équipes Enseignantes était accomplie, je me suis rappelé cet épisode et en ai apprécié l'aspect prophétique, tout en reconnaissant l'inestimable collaboration que j'avais trouvée aussi bien à la PU qu'aux EE, et qui avait rendu cette entreprise possible.

Sur la route vers cette fusion, elle qui n'avait pas sa langue dans sa poche a aussi fait frémir des assemblées qui en débattaient en disant clairement qu'elle souhaitait ouvrir la future association également aux collègues de l'enseignement catholique. Vision un tant soit peu iconoclaste pour la majorité des participants rassemblés autour du thème de la laïcité, mais qui découlait de ses tournées d'inspection dans de nombreuses écoles catholiques. Elles l'avait rendue infiniment plus sensible à ce qui nous rassemblait - le métier d'enseignant et la foi au Christ - qu'à ce qui nous séparait, la distinction du public et du privé.

Et si sa conception de la laïcité était aussi souple et large, c'était aussi probablement à cause de sa longue expérience au SIESC, ce lieu de rencontre depuis les années 50 des enseignants chrétiens européens, dont beaucoup vivent des formes de laïcité moins affichées, mais tout aussi réelles que la laïcité "à la française". C'était là encore un de ses engagements importants, puisqu'elle a même représenté le SIESC à l'Organisation Internationale Catholique - Enseignement et Education (OIC-EE) jusqu'à sa disparition.

          Mais elle a aussi fait partie des conférenciers appréciés dans ce cadre international, où elle a brillé en particulier par ses capacités d'écoute et de synthèse. Tous ceux qui, en fin de rencontre annuelle du SIESC, l'ont entendu présenter une synthèse des travaux des différents groupes linguistiques ont gardé de sa prestation un souvenir ébloui. Ordre, logique, clarté, rien n'y manquait.

          Il y aurait encore beaucoup à dire de Marie-Thérèse, et surtout que cette vie d'engagement était informée par une foi profonde en Jésus-Christ qui lui donnait tout son dynamisme. Mais c'est une dimension qui restait plus discrète chez elle, moins en vue que l'éminente qualité de son intelligence et de sa personnalité. Et pas moins réelle cependant.

            Qu'elle repose en paix dans le Seigneur, et que son souvenir continue à nous inspirer et à nous guider.

Gérard Fischer
Reims

 

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