Retour de session

2 septembre 2018 By

De l’allée du Roi au chemin des écoliers, ou comment CdEP dynamise la rentrée !

Il flottait comme un air de retrouvailles familiales sur le prieuré Saint-Thomas aux derniers jours d’août. Au cœur de la vingtaine de participants réunis par CdEP à Épernon se trouvait en effet un noyau de fidèles heureux de se revoir – de ceux qui aiment à faire l’historique des sessions précédentes (« Mais si, tu te rappelles, à Blois, en 2004… » ) – entouré de quelques « pièces rapportées », venues goûter cette rencontre d’actifs à l’invitation d’un ancien ou d’une ancienne. En outre, le logis principal qui nous recevait avait tout d’une vieille et respectable demeure ayant vu défiler des générations successives, avec des salons et salles à manger aux vastes dimensions dont le mobilier et la décoration offraient la patine et le confort légèrement désuet d’un riche passé. Cette grande maison pleine de couloirs anguleux sur différents niveaux aurait pu inciter à de folles courses poursuites si une volée d’enfants l’avait investie ; mais nous étions entre adultes et un groupe parallèle venu en ce lieu pour une retraite silencieuse imposait une certaine réserve aux échanges et mouvements dans les parties communes.

Autour des bâtiments, quelques arpents jardinés à la française voisinent avec un grand parc, ombragé et paisible, qui offre la double surprise de quelques savoureux arbres fruitiers et d’un petit étang, enchâssé dans un bosquet autour d’un îlot romantique accessible par un charmant pont de bois. Ces espaces extérieurs ont fourni un cadre à Catherine pour nous initier au jeu du parachute (une animation qui permet aux différents membres d’un groupe de faire connaissance de façon ludique et active) et à Chantal pour nous proposer une séance de relaxation praticable avec des élèves de tous âges ; ils ont aussi accueilli un temps de méditation, au gré d’une promenade nourrie de citations que chacun pouvait trouver dans de petites boîtes déposées çà et là, courtes phrases d’horizons divers destinées à alimenter la réflexion sur notre (nos) posture(s) d’enseignant – thème principal de la session, décliné par trois intervenants.

Face à la complexité et à l’ampleur de celui-ci, Chantal Costa-Ibrard, docteure en sciences de l’éducation et conseillère en formation continue, nous a livré une série de fondamentaux, fruits d’années d’études et de recherches nourries d’expériences et de rencontres, qu’elle a présentés en lien avec nos pratiques et nos interrogations. Après un temps d’échanges informels lors de la première soirée, la matinée suivante a en effet commencé par un tour de table où chaque présentation a permis à Mme Costa-Ibrard de nous proposer des apports théoriques, des pistes de réflexion, des convictions personnelles étayées par des principes humanistes qui ont trouvé avec les nôtres un écho largement consonant. Rien de dogmatique dans son discours, mais plutôt des clefs de lecture et de compréhension rigoureuses et précises, des voies de questionnement sur l’acte d’enseigner dans toutes ses dimensions, des conseils de pratiques et de lectures.

Lectures en direct cette fois, lors de l’intervention de notre aumônier national, Daniel Moulinet, qui a éclairé, entre autres, de ses lumières d’historien les questions qui peuvent se poser au « croyant dans un monde séculier ». Des textes de Jacques Maritain, François de Sales, Paul VI (en lien avec la constitution Gaudium et spes) et la figure de Saint Antoine le Grand nous ont aidés à mieux considérer différentes postures possibles du chrétien dans ses liens avec « le monde ».

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Comme l’enseignant est aussi un corps très exposé dans sa classe au quotidien, Sylvie Romero, praticienne en thérapie par les sons, nous a expliqué en quoi consiste son travail de « psychophonie », au cours de deux séances de découverte et d’initiation : l’une sur le chant qui restaure, qui unifie, qui guérit ; l’autre sur le chant sacré, qui engage tout l’être, en vérité, et lui permet d’exprimer pleinement sa foi.

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Exprimer la foi : voilà qui nous amène tout naturellement à Chartres, où les visites de la cathédrale et du musée du vitrail nous ont plongés dans la contemplation émerveillée de splendeurs de l’imagerie médiévale. Architecture, dallage, sculptures, verrières : en deux heures passionnantes, une guide passionnée (et ancienne enseignante) a parcouru l’histoire des lieux et des hommes, des arts et des techniques, mettant en lumière les liens étroits mais parfois discrets, voire subtils, entre la matière du bâtiment et la théologie de son époque. De quoi renforcer l’admiration que suscite en maints endroits une déambulation attentive, aussi bien à l’intérieur qu’autour de la cathédrale.

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Dans le bas de ce vitrail offert par la corporation des boulangers, rien de plus normal que d’observer un artisan pétrissant la pâte. Mais à y regarder de plus près, celle-ci fait apparaître, comme en filigrane, la tête du Christ… Allusion au pain eucharistique bien sûr ; mais clin d’œil possible à l’enseignant qui, lui aussi, travaille chaque jour la pâte humaine pour la faire bien lever et peut voir dans chaque élève le visage du Christ qui l’appelle à une posture évangélique.

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Une ligne dans laquelle on pourrait situer les conseils que prodiguait inlassablement Madame de Maintenon aux enseignantes de sa maison de Saint-Cyr. La visite au château acquis  grâce aux libéralités d’un souverain dont elle assurait l’éducation de certains enfants illégitimes a permis d’évoquer le destin exceptionnel de Françoise d’Aubigné, qu’une enfance marquée par l’indigence prédisposait peu à devenir marquise, puis épouse du roi… sans être jamais reine. Bâtiment témoin des différentes époques de son aménagement, il ouvre sur un parc où l’ambiance passe insensiblement du classicisme au romantisme, au fil d’une allée de tilleuls bordant le canal qui relie l’impeccable jardin où triomphe la géométrie à l’aqueduc abandonné, aux allures de ruine antique offerte à la végétation. Une heureuse découverte pour certains d’entre nous ; une agréable promenade pour tous ; mais aussi un adieu un peu mélancolique à la saison des vacances.

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Car, après avoir vivement remercié les sœurs du Christ de leur accueil souriant et chaleureux (mention spéciale pour la cuisine généreuse, simple et savoureuse que nous avons appréciée à tous les repas et pour le sens de la pédagogie que sœur Michèle, supérieure de la communauté du prieuré, a su déployer pour nous permettre de mieux goûter les laudes), il a bien fallu prendre congé les uns des autres et du lieu enchanteur qui nous avait accueillis cinq jours durant. Un peu de tristesse peut-être, mais atténuée par la perspective d’une prochaine session et, pour certains, d’occasions de se retrouver grâce à CdEP ; adoucie surtout par tout ce que ces journées nous ont apporté, qui fructifiera dès la rentrée et au long de l’année scolaire. À nous de raviver la flamme en rouvrant le livret distribué en début de rencontre ; en consultant le petit carnet offert aussi à l’arrivée, que chacun a pu décorer à sa façon et remplir de ce qu’il souhaitait particulièrement conserver ; en nous rappelant les nombreux temps d’échange et de partage, enrichis d’une ouverture au monde grâce à Suzanne (Dialogue et Coopération) et Évelyne (CdEP fait partie de la collégialité du CCFD) et d’un regard sur quelques-unes de nos racines avec l’évocation de Marie Silve et des Davidées offerte par Marie-Noëlle ; en retrouvant l’atmosphère sereine de la chapelle ouverte sur le parc, où nous avons célébré et rendu grâce.

 
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