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Enseignant pharisien, prof publicain...

27 octobre 2013 By

L'Évangile du dimanche 27 octobre et le sermon "poil à gratter" du célébrant ont suscité quelques réflexions chez celle qui a souvent tendance à être assez contente d'elle ("comme bien des profs", selon son mari…) :  

       Ce matin, à la messe, j'entends, pour la énième fois, le texte de Luc sur la parabole du pharisien et du publicain (Lc, 18, 9-14) auquel je prête une oreille distraite.

Pharisien et publicain

       Mais le prêtre qui le commente nous prend un peu à rebours (exprès) : d'habitude, on recommande aux auditeurs de ne pas imiter cet orgueilleux pharisien, qui se décerne bonnes notes et satisfecit sous le regard d'un Dieu qu'il s'imagine sans doute bienveillant et approbateur : « Je jeûne deux fois par semaine, je verse le  dixième de tout ce que je gagne … » autrement dit : "Seigneur, tu as vu comme je fais tout bien ? Je respecte les règles, je suis dans les clous"… Mais le prêtre a souligné qu'au moins celui-là fait des efforts, se donne du mal, essaie de bien faire. On lui a donné des moyens, des outils (toutes les recommandations pour être un "bon" pratiquant) : il s'en saisit ! Ce n'est déjà pas si mal ! (évidemment, il ne faut pas en rester là…). Pouvons-nous tous en dire autant ? Sommes-nous tous de "bons élèves", faisons-nous preuve de "bonne volonté" (comme nous mettons sur les bulletins : "fait des efforts, de la bonne volonté") en tant que chrétiens ? en tant qu'enseignants ? Comme chrétienne, est-ce que je me saisis, par exemple, de textes d'évêques, pour les lire et y réfléchir ? (évidemment, ça ne suffit pas…). Comme prof, est-ce que j'essaie, par exemple, de lire dans le détail et de comprendre l'esprit d'une énième réforme, avant de râler, de soupirer « encore ! » ou de la critiquer ?... (évidemment, l'un n'empêche pas l'autre…)  

       Le prêtre souligne ensuite tout le côté négatif et insupportable du discours du pharisien : d'abord la frontière qu'il trace entre lui, "qui fait bien", et les autres : « je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, injustes, adultères… ». En voilà une façon de juger et de mépriser les autres ! Une amie me dit avoir déjà entendu « Qui méprise se méprend »… Mais si j'y réfléchis, je me surprends à avoir "fait ma pharisienne" (comme diraient les jeunes) face à telle collègue qui "nous ressort sa rengaine" sur les élèves qui ne savent toujours pas … ou le niveau qui, ma pauv' dame … « Heureusement que je ne suis pas comme elle, pensai-je, que je n'ai pas ses œillères et ses préjugés ! » En salle des profs, dans les réunions, sur des forums Internet, que d'attitudes pharisiennes (= excluantes et méprisantes) sur les collègues, que d'étiquettes on se jette (ou qu'on colle en pensée sur les autres) : « Ah c'est bien une réflexion de pédagogo ! – Évidemment, faut pas attendre autre chose d'un réac, d'un ringard ! ».

       D'autre part, ce qui est frappant chez le pharisien, c'est qu'il est persuadé qu'il est "arrivé" : "bon, bin je fais tout bien, alors ça y est, je suis un bon pratiquant". Et moi, ne m'arrive-t-il pas de dire ou de penser : « Regardez, m'sieur l'Inspecteur, m'dame la Proviseure, moi j'utilise Internet, et aussi le TNI, et puis dans mon super-projet, y'a les mots citoyenneté et interdisciplinarité ! J'ai tout bon ! ». Combien de fois ne suis-je pas persuadée que je suis une bonne prof (et non pas : en route pour le devenir) ? Que je tiens la bonne méthode, la bonne façon de faire ? Que j'utilise les bons outils, ceux qui plaisent aux jeunes ? la pédagogie qui marche … (jusqu'au jour où, avec telle classe ou tel élève, elle ne marche plus et où il faut me remettre en question, en chemin !).

Dans la bouche de Jean Carmet (?) cette brève de comptoir : « Celui qui s' croit arrivé… hé bien il a pas dû aller bien loin ! »

1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire Gégé lundi, 28 octobre 2013 05:37 Posté par Gégé

    Chère Sidonie.
    Ton dernier billet me laisse un léger goût de malaise... C'est comme si, après avoir pris une distance avec la traditionnelle critique du pharisaïsme (était-ce vraiment un simple effet de style, comme ton "exprès" le laisse entendre ?), on la réactivait finalement en se l'appliquant à soi-même. Cher sentiment de culpabilité, quand tu nous tiens...

    J'avoue que j'aime bien aussi une lecture un peu différente. Elle pointe la méprise du pharisien, qui se croit juste parce qu'il s'applique de toute sa volonté à agir selon la loi. Au lieu, comme le publicain, de reconnaître qu'il ne peut rêver à la justice parfaite sans mendier l'aide de Dieu. On disait autrefois "Agir comme si tout ne dépendait que de moi, prier comme si tout ne dépendait que de Dieu". Une philosophie qui me plaït bien...

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