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Chrétiens dans
l'enseignement public

Regard extérieur sur la dernière rencontre en Visio (20.05.2026)

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Regard extérieur sur la dernière rencontre en Visio (20.05.2026)

Le mercredi 20 mai, s'est tenue la dernière rencontre Visio de l'année. Bernard, notre président, a écouté attentivement les échanges. Il nous en livre un compte rendu enthousiaste.

D’abord une mise au point langagière ! il s’agit d’après les participantes de cette Visio elles-mêmes, et bien précisé ce soir-là, non pas d’une Visio pour des membres isolés mais pour des membres éloignés : et cela prend effectivement tout son sens à la lumière de ce que nous désirons vivre de fraternité ecclésiale. 

L’animation très calme et posée de Lydia et Patricia permet d’instaurer un climat serein où l’accueil de nouvelles personnes a une part importante. Cette co-animation permet de varier le rythme de la rencontre et crée une dynamique d’écoute et de partage d’autant plus que, ce soir-là, le constat demeure des surcharges administratives ou autres, imposées aux enseignants, de la dureté des remplacements mal préparées, des tensions ou des rivalités dures à vivre quand la culture du partage entre enseignants, entre élèves, ou entre parents et enseignants pose problème. Les instants de doute ne sont pas sous-estimés et que dire du psycho-gazeux des formations sorties d’une nébuleuse administrative perdue dans l’abstraction et qui ressemble tellement à ces ventilateurs de fortune que l’Education Nationale ressort à chaque canicule pendant les périodes d’examen. Incompréhensibles donc inutiles et anxiogènes. Il y a aussi tout ce qui déforme l’humanité : l’hypocrisie, l’incompétence, l’injustice, le manque de sérieux, les élèves qui oublient d’être élèves.

Oui mais derrière ce constat on perçoit à travers les témoignages des uns et des autres, jeunes ou plus anciennes dans le métier, un optimisme revigorant, venu non pas par hasard mais né des qualités humaines que chacune a su percevoir en soi et cultiver. D’abord une lucidité qui permet de relativiser et qui s’appuie sur une sagesse bien simple: faire avec ses limites et savoir se préserver (naguère un inspecteur lors d’une session à Bayeux nous rappelait qu’il valait mieux un cours mal préparé qu’un pédagogue exténué car la disponibilité accordée aux élèves constitue un élément des plus essentiels pour l’efficacité de l’enseignement.) Cela suppose des choix : il vaut mieux les faire que tout faire. Ensuite il y a l’expérience, qu’elle soit le fruit des années de pratique enseignante ou le résultat de l’expérimentation pas forcément testée dans le cadre d’une formation scolaire. Elle permet de toujours retomber sur ses pieds ! Cette capacité à s’adapter n’est finalement qu’une autre variante de cette lucidité dont nous parlions auparavant. C’est l’art de composer avec le réel sans oublier toutefois la recherche de ce que l’on veut , de ce pour quoi l’on est fait. ! Enfin l’intérêt, une forme de passion pour le métier, pour les enfants et les plus grands, un enthousiasme malgré toutes les peurs et les difficultés, qui tient de la confiance, même devant l’adversité.

Ce n’est donc pas un hasard si l’une des phrases retenues dans le deuxième temps de la rencontre axé sur la lecture du chapitre 3 des Nouvelles Cartes d’Espérance de Léon XIV est celle qui définit l’éducation comme une promesse d’avenir pour toute l’humanité. Promesse, oui, même devant des comportements qui fragilisent, interrogent, bouleversent et font mal. Rien de simple donc. On en vient bien à cette Espérance qui résonne au cœur du métier comme le dit une de nos participantes: « l’espoir (c’est) comme le cœur du métier et il faudrait s’arrêter dès qu’on n’a plus. » Il faudrait également évoquer l’écoute et l’entr’aide au sein du groupe quand l’une rebondit sur un propos pour donner un conseil et ce naturellement, avec l’humilité vraie de ce qui n’est pas une leçon. C’est cette égalité de chacun des membres qui fonde la vérité de cette discussion : nos rencontres sont ainsi de vraies dialogues, de vraies conversations …

Il ressort de cette soirée achevée par le reprise attentive de notre aumônier Olivier, à l’écoute de ce qui se vit, et par une prière à Marie, le sentiment que quelque chose (quelqu’un) nous a nourris et nous permet non seulement de poursuivre la route le cœur plus léger, mais de le faire non par obligation mais par choix et désir car nous le savons le chemin en vaut la peine, oui , la peine malgré tout. Je me suis dit aussi que le métier d’enseignant est vraiment une vocation qui puise dans l’humain le don de sa propre humanité. Chaque professeur est unique, c’est l’IA qui devrait trembler, pas nous !