Joyeuses Pâques au monde enseignant ! Et si la pédagogie du Christ devenait la nôtre ...
Pâques, la Résurrection, par-delà les chants d’allégresse, le triomphe des timbales et des trompettes, n’est-ce pas aussi, discrètement, ce cœur qui brûle en nous à l’écoute des paroles du Maître, parce qu’elles nous auront ouvert les yeux, parce qu’elles auront encouragé nos esprits, redonné confiance à nos personnes, recherché ce que nous avons de plus précieux en nous : le sentiment d’être quelqu’un d’attendu, un hôte honoré dans la maison du Père, Lui qui ne veut pas nous voir autrement que comme des gens honorables malgré nos finitudes, nos échecs et nos fautes.
Son enseignement ne jugeait pas, ne dictait rien, en appelait juste à la responsabilité. Il semblait un échec, il est une victoire. Il se dispense, au soir de Pâques, sur une table d’auberge, dans le quotidien des gestes et du repas. Il nous révèle le jeu puissant des relations d’amour et d’amitié. (Luc 24, 13-31)
N’est-ce pas là notre plus grande joie d’enseignés, l’aboutissement de toutes nos recherches, la connaissance suprême, ce face à face avec le Père, qu’on peut désormais appeler « papa » comme si un ancien élève, devenu notre ami, bientôt nous tutoyait avec reconnaissance ? L’ancienne écolière, l’ancien écolier de nos vies terrestres sont devenus, grâce au Maître, Homme et Femme accomplis, fêtés comme des amis dans un échange serein désormais possible, dont Il avait tellement hâte, Celui qui nous reçoit et que nous enseignait son Fils.
Fêter la Résurrection n’est-ce pas fêter le plus grand des pédagogues, Celui qui, mieux que quiconque, conjoint sa vie à son enseignement et permet à chacun de ses élèves d’accéder à ce qu’il est : précieuse intériorité de la chair et communion aux autres dans l'Esprit.
Joyeuses Pâques au monde enseignant !
Vive la pédagogie du Christ et qu’elle devienne la nôtre !
Bernard Lepage, président de CdEP
