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Chrétiens dans
l'enseignement public

Ecoutons la voix du poète (2.10.2026)

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 Ecoutons la voix du poète (2.10.2026)

Alors que des lycées sont bloqués dont certains ont incendiés et qu'il y a de violences à l'extérieur et à l'intérieur de certains établissement, Bernard Lepage nous invite à prendre de la hauteur

Le déchaînement des colères n'est pas un phénomène nouveau. Il faut savoir le regarder en face, l’analyser lucidement, le relativiser aux yeux de l'Histoire même.

Hugo nous rappelle ici ce à quoi conduit l’échec des gouvernants à mener une véritable politique d’éducation soucieuse de l’instruction de tous. Peut-être aujourd’hui faudrait-il repenser nos priorités éducatives, ne pas trop enfermer l’éducation dans une logique de compétition et de réussite sociale, mais elle a indéniablement et par vocation, une tâche d’insertion sociale et d’épanouissement intérieur. Quelque chose se dit à travers la colère. Essayons d’y être attentifs. Peut-être cela nous conduira-t-il à infléchir cette colère si elle nous paraît trop excessive.

Pensons aussi combien il est difficile de maintenir l’ordre dans ces conditions, que des réformes ont été menées … mais interrogeons-nous : pourquoi ce malaise et donc cet échec ? Ne jetons la pierre ni sur les uns ni sur les autres. Camus disait à juste titre : « Comprendre et non juger. » A CdEP, nous voulons garder cette intuition.

Je voudrais faire entendre cette voix de Hugo pour que s’amorce dans nos esprits un début de réflexion, pour que nous ne soyons pas pris au dépourvu devant ce qui nous paraît incroyable voire impensable car pensé, il le fut.
Ecoutons la voix du poète. Son indignation et comment elle évolue, renvoyant le lecteur à son propre questionnement. Nous sommes en 1871, la misère n'a pas été extirpée et l'indécence de la fête impériale s'achève au mur des Fédérés. La France se déchire dans la tourmente et l'humiliation. En outre écouter nos prédécesseurs pour en tirer des leçons pour aujourd’hui, n’est-ce pas cela éduquer et se sentir éduqué ?

J’ajouterai une question : quel sens donnons-nous à l’éducation de nos enfants ?
Bonne méditation.

                                                                                       Bernard Lepage, Président de CdEP

À QUI LA FAUTE ?
Tu viens d’incendier la Bibliothèque ?
— Oui.
J’ai mis le feu là.
— Mais c’est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C’est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C’est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage !
Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
(…)
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C’est le livre ? Le livre est là sur la hauteur ;
Il luit ; parce qu’il brille et qu’il les illumine,
Il détruit l’échafaud, la guerre, la famine ;
Il parle, plus d’esclave et plus de paria.
(…)
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l’ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c’est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi !
— Je ne sais pas lire.

                                                   Prière pour un temps de violence (1.10.2026)