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Compte rendu de la sesssion des retraités.

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Compte rendu de la sesssion des retraités.

Individualité et collectif : comment les concilier ? Compte rendu de la session des retraités qui a eu lieu du 14 au 18 septembre 2025, dans le cadre magnifique de l’abbaye Notre Dame de L’ Ouÿe entourée de forêts, à proximité de Dourdan !

Quelle joie de nous retrouver à 32 pour aborder la problématique proposée par CdEP aux retraités : Individualité et collectif : comment les concilier ? dans le cadre magnifique de l’abbaye Notre Dame de L’Ouÿe entourée de forêts, à proximité de Dourdan !

Des temps de réflexion, de partage en petits groupes, de méditation, de célébration, une visite touristique du château de Dourdan (91), nous ont permis de nous ressourcer et de renouer avec la grande famille de CdEP.

Le premier soir, nous nous sommes présentés au travers de la lecture de textes et poèmes et le partage s’est avéré très riche.

La journée du lundi a été consacrée à l’approche sociologique du thème, à partir des travaux très pertinents d’Édith Tartar-Godet qui ne pouvait malheureusement pas être présente. Chacun avait pu prendre connaissance avant la rencontre du texte d’Édith, ce qui a permis un premier échange dont je ne vous livre que quelques propos :

  • Nous constatons un glissement indéniable vers l’individu.
  • Le droit n’a pas toujours été collectif.
  • Pourtant l’appartenance à un collectif nourrit.
  • Il faut construire une culture qui éclaire sur les notions de droit et de devoir.
  • Le collectif est souvent discrédité par le corporatisme.
  • Quand on est dans un collectif, on ne partage pas tout.
  • Est-ce que la vérité existe ou est-elle à construire avec les autres ?
  • Il faut tendre vers l’universalité par les moyens de l’humanité.

Nous avons prolongé la réflexion en ateliers :

  • Un premier atelier sur l’identité, avec deux questions à travailler : . A partir du constat que notre identité est composée de différentes facettes : identité de filiation, identité d’affiliation, identité conceptuelle, sur quoi peut-on jouer pour construire un moi qui s’enrichisse du collectif et un collectif qui s’enrichisse de notre moi ? . Pourriez-vous donner un exemple, relater une expérience qui illustre cette problématique ?
  • Un deuxième atelier sur le thème des mutations avec comme propositions . Recherchons quelques mutations psycho sociétales avec lesquelles composer et les problématiques qu’elles soulèvent. . Nous avons une responsabilité vis-à-vis des nouvelles générations ; comment les accompagner dans la construction d’une juste image de soi ?
  • Un troisième atelier : Comment construire des relations bien traitantes ? . Quand ai-je le sentiment d’être bien traitant à l’égard de moi-même, à l’égard des autres ? . Quels sont les effets de cette bien traitance ? . Quels sont les obstacles que je rencontre pour la vivre ?

Heureusement au cours de cette journée très dense, nous avions aménagé des temps de respiration : un temps de prière à la chapelle, animé par Olivier Joncour, aumônier de CdEP, à partir de la lettre de Saint Paul aux Corinthiens 12, 12-27, prélude en quelque sorte à l’intervention théologique du lendemain et la projection d’un film.

La deuxième journée, nous avons abordé la dimension biblique de la thématique : Comment l’individu peut-il être enrichi par la communauté et la communauté par l’individu au regard de l’Évangile ? grâce à l’intervention très éclairante d’Isabelle de la Garanderie, théologienne et professeur de Lettres Modernes en lycée à Argenteuil. Elle a surtout insisté sur la notion du corps du Christ et a structuré son exposé en trois parties : un focus sur l’anthropologie biblique,  le corps du Christ et son application  théologique et la synodalité.

Quelques remarques éclairantes :

  • L’amour ne se situe pas à soi tout seul dans la Genèse. L’homme est créé pour être en relation. Dans l’Ancien Testament, les Juifs ne parviennent pas à faire peuple. Un changement radical s’opère quand arrive Jésus qui met toujours en relation les uns avec les autres.
  • Il faut passer à une conception dynamique de l’Eucharistie. La messe est anti-individualiste par excellence. C’est le moment privilégié pour refaire corps. Recevons le corps du Christ que nous sommes appelés à former, « Vous êtes le corps du Christ ». Notre mission diaconale s’enracine dans cette notion du Corps du Christ. Demandons-nous comment, pendant toute la semaine, nous ferons corps du Christ, comment nous vivrons le corps du Christ.
  • Chacun est doté du sens de la foi pour le bien de tous quand on réfléchit ensemble. Marcher, faire route ensemble, c’est le sens du Synode. Un chrétien isolé est un chrétien en danger.

Après cet exposé très dense et qui nous renvoie à notre responsabilité de chrétiens, nous avons apprécié la visite guidée du château fort de Dourdan, la célébration eucharistique présidée par le prêtre de la ville qui a eu la gentillesse de se libérer pour nous et la soirée ludique au cours de laquelle Suzanne nous a proposé et présenté des jeux variés confectionnés par ses soins !

La troisième journée, en matinée, nous avons pris le soin de méditer à l’occasion d’une promenade autour de l’abbaye, sur des chemins forestiers, avec des textes à lire et à partager avec d’autres. Et cela nous a permis, par la suite, d’apprécier pleinement l’intervention de Dominique Thibaudeau sur la durée, à partir d’une enquête réalisée pour un travail universitaire, intitulée : Le collectif au défi de la durée ou de l’école au jardin public et inversement. Au travers des paroles de professeurs et d’élèves, il nous a fait relever des signes d’espérance, des lueurs et nous a fait prendre conscience qu’on peut construire du durable. En fin de journée, nous avons procédé à un bilan des ateliers dont je ne vous redonne que quelques échos :

  •  Atelier 1 Le moi se construit progressivement de la toute petite enfance à l’âge adulte. Il faut faire une différence entre identité, personnalité, convictions. Il faut s’écouter soi-même et connaître ses limites, avoir un moi assez fort pour aller vers les autres. Le regard des autres aide à se construire.
  • Atelier 2 Des changements sociétaux transforment l’humain en profondeur : réseaux sociaux, intelligence artificielle, accélération du temps, télétravail qui gomme la frontière entre vie professionnelle et vie privée et isole…… Il faut éduquer à la vigilance, à l’esprit critique, organiser des campagnes de prévention.
  • Atelier 3 La bienveillance est une disposition d’esprit, la bien traitance s’apprend. Il faut être bien traitant à l’égard de soi-même pour l’être à l’égard d’autrui. Je suis bien traitant à l’égard d’autrui quand je le reconnais en tant que personne, quand je suis à l’écoute de ses besoins. Des obstacles à la bien traitance : le manque de confiance en soi, la peur, les personnes antipathiques.

Nous avons terminé la soirée en habillant un bel arbre confectionné par Suzanne de multiples feuilles colorées sur lesquelles nous avions inscrit des pensées, des mots forts émanant des exposés, de nos échanges, qui nous parlent et qui correspondent à nos convictions profondes et à celles de CdEP. Le thème sur l’individualité et le collectif est bien sûr encore à approfondir car il est vital pour l’humanité, à reprendre éventuellement avec le thème de l’espérance, de la transmission vue d’une manière dynamique. Cette session a été pour chacun d’entre nous un grand moment de respiration. Elle nous a permis de revoir beaucoup de visages connus, d’en découvrir quelques nouveaux et de vivre un authentique moment de fraternité.

Michèle LESQUOY