vendredi, 20 mars 2020 20:54

Pandémie Covid-19 / Mars 2020

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Sidération, incompréhension, inquiétude, angoisse, colère… L’épidémie qui touche largement notre planète suscite de multiples sentiments et engendre des réactions elles aussi diverses.

Nos pensées, nos attentions, nos prières vont d’abord à celles et ceux qu’elle atteint de plein fouet ; mais aussi à celles et ceux dont l’abnégation et le dévouement permettent, au quotidien et dans l’humilité de pratiques adaptées, de soulager les souffrances de toutes sortes dont elle est la cause.

Par-delà certains comportements irresponsables, cyniques ou révoltants, nous nous réjouissons de voir à quel point la charité peut se faire inventive. Nous rendons grâce pour tout ce qui, d’humain à humain, de jour en jour, relève de relations marquées par un amour dont nous croyons qu’il a sa source en un Dieu dont Jésus-Christ a témoigné en paroles et en actes.

Puisse ce temps de confinement, de privations et parfois d’inaction forcés susciter des rapprochements, d’heureuses (re)découvertes, des changements de regard bénéfiques ; qu’il permette aussi à la réflexion sur certains enjeux actuels, mondiaux et cruciaux de se développer sereinement !

Le bureau de CdEP

Ô Jésus, notre frère en humanité, 
tu n’as pas cessé de répondre avec tendresse et compassion     
aux malades qui te suppliaient de les guérir.                                                                                                                                      

À chaque fois, tu as su prendre le temps d’une rencontre en vérité,
tu as offert un accueil inconditionnel, tu
as posé un regard d'amour,
tu as trouvé des gestes et des paroles
pour apaiser et relever.

Aide-nous à savoir faire preuve, à notre tour, d’une telle fraternité ;
à savoir utiliser au mieux les moyens de communication de notre époque ;
à ne pas céder à la peur, aux tentations de repli ou d’indifférence !

Nous confions à ton infinie miséricorde
les personnes gravement atteintes par le virus
et celles qui les réconfortent, qui les soignent ;
les personnes qui vivent difficilement l’isolement
et celles qui s’efforcent de cultiver des liens, d’en créer,
tisserandes lumineuses d’écoute et de dialogue.

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La parole circule pour rester en lien et en communion ;  les réflexions et analyses de la situation sont nombreuses ainsi que les témoignages sur les changements qu'apportent cette pandémie et le confinement induit. En voici un aperçu...

Moustapha Dahleb  la plus belle plume tchadienne, a écrit: 

L'HUMANITÉ ÉBRANLÉE ET LA  SOCIÉTÉ EFFONDRÉE PAR UN PETIT MACHIN.

Un petit machin microscopique appelé coronavirus bouleverse la planète. Quelque chose d'invisible est venu pour faire sa loi. Il remet tout en question et chamboule l'ordre établi. Tout se remet en place, autrement, différemment. 

Ce que les grandes puissances occidentales n'ont pu obtenir en Syrie, en Lybie, au Yemen, ...ce petit machin l'a obtenu (cessez-le-feu, trêve...). 

Ce que l'armée algérienne n'a pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (le Hirak a pris fin).

Ce que les opposants politiques n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (report des échéances électorales...).

Ce que les entreprises n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (remise d'impôts, exonérations, crédits à taux zéro, fonds d'investissement, baisse des cours des matières premières stratégiques. ..).

Ce que les gilets jaunes et les syndicats  n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (baisse de prix à la pompe, protection sociale renforcée...). 

Soudain, on observe dans le monde occidental que le carburant a baissé, la pollution a baissé ; les gens ont commencé à avoir du temps, tellement de temps qu'ils ne savent même pas quoi en faire. Les parents apprennent à connaître leurs enfants, les enfants apprennent à rester en famille, le travail n'est plus une priorité, les voyages et les loisirs ne sont plus la norme d'une vie réussie. 

Soudain, en silence, nous nous retournons en nous-mêmes et comprenons la valeur des mots solidarité et vulnérabilité.  

Soudain, nous réalisons que nous sommes tous embarqués dans le même bateau, riches et pauvres. Nous réalisons que nous avions dévalisé ensemble les étagères des magasins et constatons ensemble que les hôpitaux sont pleins et que l'argent n'a  aucune importance. Que nous avons tous la même identité humaine face au coronavirus.  

Nous réalisons que dans les garages, les voitures haut de gamme sont arrêtées juste parce que personne ne peut sortir.

Quelques jours seulement ont suffi à l'univers pour établir l'égalité sociale qui était impossible à imaginer.

La peur a envahi tout le monde. Elle a changé de camp. Elle a quitté les pauvres pour aller habiter les riches et les puissants. Elle leur a rappelé leur humanité et leur a révélé leur humanisme. 

Puisse cela servir à réaliser la vulnérabilité des êtres humains qui cherchent à aller habiter sur la planète Mars et qui se croient forts pour cloner des êtres humains pour espérer vivre éternellement.

Puisse cela servir à réaliser la limite de l'intelligence humaine face à la force du ciel.

Il a suffi de quelques jours pour que la certitude devienne incertitude, que la force devienne faiblesse, que le pouvoir devienne solidarité et concertation. 

Il a suffi de quelques jours pour que l'Afrique devienne un continent sûr. Que le songe devienne mensonge. 

Il a suffi de quelques jours pour que l'humanité prenne conscience qu'elle n'est que souffle et poussière. 

Qui sommes-nous ? Que valons-nous ? Que pouvons-nous face à ce coronavirus ?

Rendons-nous à l'évidence en attendant la providence. 

Interrogeons notre "humanité" dans cette "mondialité" à l'épreuve du coronavirus. 

Restons chez nous et méditons sur cette pandémie. 

Aimons-nous vivants !

 

Du confinement obligatoire au confinement volontaire

Edith Tartar-Goddet – Mars 2020

Je pense en particulier à ceux et celles qui, en plus ou par effet du confinement, sont affrontés à des épreuves relationnelles les mettant en danger sur le plan physique et psychique : les violences familiales, la maltraitance à l’égard des enfants et des personnes vulnérables sont exacerbées par la proximité physique.

L’impératif « chacun chez soi » érigé en loi, avec son lot de sanctions de plus en plus lourdes sur le plan financier1 au fur et à mesure des infractions, nécessite de repenser son rapport à l’espace, au temps et aux autres. Partager, sur la durée, l’espace vital de l’appartement ou de la maison, avec les membres de sa famille oblige à des aménagements pour que chacune et chacun puisse disposer au cours de la journée d’une « zone de confort » c’est-à-dire à la fois d’un espace personnel et de ne pas être en permanence sous le regard des autres. Cette zone protège du sentiment d’intrusion dans son espace propre et de la crainte de ne plus avoir d’espace de liberté. Lorsque la famille dispose d’un petit espace, il peut être utile d’expliciter cette zone, de la définir de manière à ce que chaque membre puisse, au moins durant un moment de la journée, se sentir autonome, différencié des autres. Il s’agit, par exemple, de se répartir l’usage du balcon en fonction des heures de la journée.

Cette zone de confort protège aussi du sentiment d’intrusion dans son espace intérieur : espace à entretenir et à développer lorsque l’on vit des moments d’épreuves et de craintes. La rêverie, la méditation, la prière, la relaxation les techniques de yoga, etc... nourrissent et entretiennent l’espace intérieur dont chaque humain a besoin pour tenir debout dans ses dimensions horizontale et verticale.

Rester sur place, supporter les frustrations quotidiennes liées au confinement, limiter ses activités physiques et sociales a un coût : celui de devoir utiliser autrement son élan ou son énergie vitale. Si cette énergie nommée aussi « agressivité ou violence naturelle » n’est pas utilisée au service de la vie sociale et relationnelle, au service des apprentissages ou du travail, elle risque d’être transformée en colère, rancœur… Elle peut alors s’exprimer dans le conflit, l’opposition, le désaccord et être tournée contre ses proches, à proximité du soi. De plus, cette proximité fait nécessairement surgir des tensions, des frictions et l’agressivité interne n’attend que ce type d’occasion pour surgir et « se lâcher » sans états d’âme et sans culpabilité.

Prendre conscience que son agressivité ne peut pas, en cette période de confinement, être laissée en libre circulation est une nécessité vitale pour la famille : qu’en faire alors ? Apprendre, créer, réorganiser l’espace privé, instituer des moments de parole où l’on pourra se dire les uns aux autres ce qui ne va pas, prendre soin de soi et de ses proches, rester acteur ou Sujet de sa vie permettent de ne pas subir la situation actuelle, dans laquelle nous maitrisons bien peu de choses.

Le confinement, imposé par les Autorités du pays et érigé en Loi par ordonnances et décrets, doit faire l’objet d’un « travail psychique » pour devenir un choix, basé sur la raison et la volonté de se protéger et de ne pas nuire à autrui. Pour tolérer et accepter le confinement, il faut qu’il ait du sens pour soi. Et ces significations doivent être sans cesse cherchées, trouvées, discutées avec d’autres en particulier avec les enfants et les adolescents. Cette explicitation permettra de respecter les règles du confinement de le faire de manière volontaire ; de choisir de le faire en conscience et de son plein gré ; alors que nos habitudes culturelles ou nos manières d’être et de faire nous conduisent naturellement sur le chemin inverse, celui de la liberté de faire ce que l’on a envie de faire.

Lorsque notre objectif quotidien est d’éviter l’inconfort suscité par les obligations et les contraintes, il n’est pas aisé d’arriver à se plier et à accepter des contraintes volontairement. Il n’est pas aisé de comprendre les torts que l’on peut causer à autrui et à la collectivité en transgressant le confinement : tel ce couple venu passer le week-end dans sa maison de campagne pour fuir Paris, qui fait appel au SAMU parce qu’il est malade et qui ne comprend pas qu’il a sans doute contaminé des personnes sur le trajet et qu’il va infecter, par sa présence, une zone géographique pour le moment préservée.

Il ne suffit pas d’ordonner pour que les citoyens obtempèrent. Il ne suffit pas de les sanctionner pour qu’ils ne réitèrent pas leurs infractions. Il est vraisemblable que les transgressions du confinement concernent une faible partie de la population, mais c’est sur cette infime partie que les Autorités s’appuient pour régir le pays de manière de plus en plus autoritaire : réglementation des sorties, interdiction de se promener sur les plages et dans les jardins publics, augmentation des amendes, couvre-feux, etc.

Les comportements transgressifs de certains de nos concitoyens vont renforcer les attitudes autoritaires de l’État, en particulier parce que certains corps de métiers les réclament ; notamment les professionnels de santé, épuisés.

Ces attitudes autoritaires inscrivent dans notre quotidien des injonctions permanentes nécessaires, lues et entendues de multiples fois dans la journée, comme les règles de prévention, les informations sur l’évolution du Covid 19, etc. Ces injonctions et mesures obligatoires et non négociables doivent être, bien évidemment, prises au sérieux et respectées ; mais elles peuvent avoir des effets insidieux, voire pervers, sur notre psychisme : occuper notre esprit de manière permanente, renforcer le sentiment d’insécurité lié aux changements d’habitudes sociales et relationnelles, développer les émotions de peur, d’anxiété, d’angoisse, produire un sentiment de culpabilité excessif…

Ces effets peuvent avoir plusieurs conséquences internes : nous rendre vulnérables à nous-mêmes par envahissement émotionnel et saturation de pensées automatiques nous conduisant à résonner au lieu de raisonner ; nous conduire à nous protéger des angoisses, stress, peurs en cherchant des coupables, en agressant les autres, etc. en faisant circuler des informations fausses ou excessives, etc.

Le long confinement auquel nous sommes soumis et l’incertitude de sa durée, nous placent dans une situation inédite : celle de nous trouver en situation de privation. Nous ne pouvons pas en ce moment satisfaire, de manière adéquate, nos besoins de circulation et de sécurité. Il ne s’agit pas de gérer des frustrations liées à la non satisfaction de certains désirs, mais de supporter d’être privé et pour un long moment du droit de nous déplacer et d’agir librement.

Comment tolérer, supporter ces privations ?

Comment chacun.e s’y prend-il :

Percevoir et se réjouir de ce qui va bien avant de se plaindre de ce qui va mal, sur les plans personnels et collectifs, aide à dédramatiser la situation présente.

Développer et entretenir en soi ses capacités de changement et d’adaptation (actes créatifs, acquisition de nouveaux apprentissages, réorganisation de l’aménagement intérieur de l’appartement ou de la maison, etc.) c’est se risquer à vivre des moments intéressants.

Renouer des relations laissées en attentes par manque de disponibilité et entretenir avec régularité les liens avec des proches, des personnes isolées ou âgées, c’est oser vivre des temps enrichissants sur le plan intérieur et éviter les risques de solitude et d’isolement.

Inventer de nouvelles manières de « faire groupe », de se sentir appartenir à la même humanité, c’est prendre des habitudes relationnelles nouvelles et à distance : rendez-vous à la même heure via l’Internet ou à sa fenêtre pour rendre grâce à la vie, remercier ceux et celles qui risquent leur vie pour nous, etc.

Toutes les actions productrices d’émotions joyeuses sont susceptibles d’atténuer le sentiment de privation que nous pouvons ressentir en ces temps incertains.

Peut-être nous faut-il profiter de ce temps de jachère, d’attente ou de vacuité pour poser et nous poser des questions essentielles sur le sens de la vie en groupe ? Car ce n’est que collectivement et tous ensemble que nous sortirons grandis de cette épreuve inédite : le soutien mutuel et la confiance les un.e.s à l’égard des autres ont besoin de nos soins journaliers.

1 La violation du confinement est de 135 euros, puis de 3700 euros suite à 4 violations dans les 30 jours associée à 6 mois de prison.

Confinement et "école à la maison" pour les familles de "sans papiers"
Témoignage d'une enseignante

La situation des familles "sans papiers" qui ont des revenus non déclarés pour pouvoir manger et payer le loyer est une de nos préoccupations en ce moment.

Il y a bien des lieux où l'on distribue des colis alimentaires, mais c'est rarement à côté du domicile, et les familles ont peur des contrôles d'identité qui pourraient survenir lors des contrôles des attestations de sortie, à juste titre.

Ce matin, j'ai appelé encore une fois toutes les familles de ma classe: une est dans ce cas précis ; ils sont enfermés chez eux, sans jamais sortir car trop peur des contrôles, sans aucun revenu (la maman travaille dans un hammam, non déclarée). Avec deux enfants et le loyer qui va tomber, compliqué.

Une autre famille, avec trois enfants: le papa continue d'aller travailler sur un chantier tous les jours, impossible de faire autrement.

Sinon, ils ont tous très peur, ne sortent JAMAIS. Les enfants tournent en rond et passent une bonne partie de leur temps devant la télévision. Généralement les logements sont tout petits, bien entendu, et les enfants ont très peu de matériel (feutres, feuilles...). De tous les parents de mes élèves, AUCUN n'a un ordinateur, donc autant dire que l'enseignement à distance est impossible (pour les plus grands). J'ai créé un groupe Whatsapp, principalement pour donner des petites idées à faire avec les moyens du bord, les occuper un peu, soulager les parents, garder le lien avec eux et entre eux (photos, vidéos...). Ils m'appellent beaucoup aussi. Bref, pas évident...

A partir de lundi, on ouvre une garderie à notre école. On est plusieurs volontaires à assurer un roulement. On va proposer aux parents de venir chercher du matériel (feutres, feuilles, colles, pâte à modeler, fiches d'activités...) en respectant des plages horaires. Mais, le même problème se pose pour les "sans papiers". Du coup, je pense qu'on va passer poser quelques affaires nous-même à certaines familles.

Bref, voilà un peu où j'en suis en terme de "continuité pédagogique" !

 

« L’épidémie doit nous conduire à habiter autrement le monde »
Corine Pelluchon, professeure de philosophie à l’université Gustave-Eiffel (Loire-Atlantique) et membre du conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme.

Le texte ci-dessous est largement inspiré d'un article du journal "Le Monde" : https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/23/coronavirus-l-epidemie-doit-nous-conduire-a-habiter-autrement-le-monde_6034049_3232.html

La pandémie nous renvoie à la fragilité humaine dans une société mondialisée où l’on valorise la puissance, estime la philosophe. Selon elle, cette crise doit être l’occasion d’« une transformation individuelle et collective » Corine Pelluchon, propos recueillis par Claire Legros.

Il existe aussi une dichotomie entre la raison et les émotions, entre le fait de savoir et celui de comprendre. On peut être très intelligent, connaître les modes de circulation d’un virus, si l’on ne se sent pas vulnérable, si l’on n’a pas cette capacité à être concerné par autrui, on peut faire preuve d’irresponsabilité et continuer à s’embrasser aux terrasses des cafés

La peur peut générer un comportement d’irrationalité et conduire à la panique ou au repli comme on le voit à travers certaines réactions à cette crise. Elle peut aussi conduire à la colère, à l’indignation,.

Mais la peur est aussi le seul moyen de se confronter à ses propres limites. Sans cette confrontation, il n’existe pas de sagesse.

Toutefois, pour que notre prise de conscience des risques et de notre responsabilité soit un savoir vécu, incorporé, la peur ne suffit pas. Il faut la transformer, avoir l’intelligence de sa peur, afin que cette expérience du négatif se commue en une réflexion sur nos limites et que l’angoisse ouvre à la résolution d’agir de manière responsable.

Apprendre à avoir peur, c’est prendre la mesure d’une réalité difficile, voire effrayante, pour répondre à la situation en tenant compte de ce que l’on peut faire ici et maintenant. C’est aussi appuyer son entendement sur celui d’autrui, avoir confiance dans les experts qui consacrent leur vie à ces sujets, au lieu d’écouter le premier venu. L’humain doit être éclairé pour se transformer. «  Le courage n’est pas la témérité, car il ne détruit pas la peur. Il ne se laisse pas non plus anéantir par elle, mais la surmonte : « le courage d’avoir peur ».

Certains affirment que l’épidémie représente un « rappel à l’ordre », un signal d’alarme pour éveiller nos consciences à d’autres modèles de société, de production et de développement. Qu’en pensez-vous ?

Je n’aime pas la formule de rappel à l’ordre qui renvoie à l’idée d’une punition divine. Ce qui est sûr, c’est que l’épidémie souligne la démesure et l’irrationalité de notre système de production et de consommation. Il existe une convergence des crises écologique et sanitaire.

Il serait terrible que chacun revienne, après cette crise, à la vie d’avant, ou que l’on s’en remette à la technique. Le vrai défi, aujourd’hui, c’est de faire de cette crise l’occasion d’une transformation individuelle et collective, afin que la conscience de notre vulnérabilité, de notre appartenance à un monde plus vaste que soi, de notre lien au vivant, devienne un savoir incarné et vécu qui transforme notre comportement, pour contrer la tentation de la démesure, de la toute-puissance.

Quel peut être le rôle du philosophe en temps de pandémie ?

Le travail du philosophe, c’est d’ouvrir un horizon d’espérance, de donner des outils pour réparer le monde, mais aussi préparer l’avenir.

Il me semble que, face à une telle catastrophe, nous devons collectivement redessiner des manières d’habiter la Terre qui soient sages, et accueillent la pluralité du monde et des formes de vie. C’est le sens de l’écologie : la sagesse de l’oïkos (le « foyer » des Terriens), la sagesse de notre habitation du monde qui est un monde commun.

Merci à Corine Pelluchon et à vous, merci pour votre secours, et merci à Lui, que je ne nomme pas.

Antoine

 

 

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